Route des Grandes Alpes 2ème partie - les 3 derniers jours-
[subtitle]JOUR 4 : Cervières (Gîte de Terre Rouge) - Barcelonnette 100km / Dénivelé 2400 m
[/subtitle]
Après une nuit agitée par la pluie et les orages c'est le brouillard qui nous tient compagnie pour un petit déjeuner bien fourni. Le départ se fait à 14 km du sommet de l'Izoard et déjà nous pouvons distinguer les crêtes enneigées aux alentours des 2500 m d'altitude.
Chevauchant fièrement nos montures,nous arpentons le col et franchissons son sommet sous un franc soleil qui redonne des couleurs au moral de tout le monde.Notons que Rémi fait à nouveau partit de la troupe pour cette quatrième journée.Nous basculons jusqu'à la case déserte magnifique "tableau géologique sculpté par les affres de dame nature", décor minéral somptueux au milieu duquel une stèle se dresse fièrement érigée en l'honneur de Louison Bobet et de Fausto Coppi. Pour parvenir jusqu'ici nous avons croisé un troupeau de bâches.., euh de vaches, au grand dame de Jean François.
Émerveillés par le spectacle grandiose,nous reprenons la descente du col de l'Izoard qui se trouve modifiée par une déviation pour cause de travaux.Nous empruntons une piste forestière améliorée par un revêtement bi couche. Malheureusement pour nous,au lieu de redescendre,on remonte et même d'une manière sévère,pente entre 8 et 10%.
Encore un effort supplémentaire pour atteindre enfin Guillestre,le tout ponctué par des précipices assez vertigineux dominant les étroites gorges en réfection. 19 km assez difficile vont encore gonfler nos jolis mollets vers le col de Vars,montée tout en palier bien négociée par l'ensemble du groupe. Boissons fraîches pour l'ensemble de la bande puis longue descente nous menant à Jausiers par la très belle vallée de l'Ubaye. Jean mi mi et Fredo assurent de concert les relais jusqu'à l'entrée de Barcelonnette bravant un fort vent de face, évitant ainsi aux autres membres du groupe de laisser trop d'énergie inutilement. On dirait que l'on avait eu du flair car se dresse devant nous un sacré raidillon de 3 km, pas très agréable,il faut bien l'avouer pour finir une journée assez harassante.
Arrivée au gîte que l'on nous avait conseillé avec un accueil, il faut le dire en demi teinte. Pas de boissons fraîches et un repas tardif pas très approprié laissent tous les participants assez dubitatifs et surtout très déçus. Une ambiance monacale(presque pas de lumière n'est ce pas Jeannette!) va pratiquement nous endormir mais patatra!! pour ajouter de l'eau au moulin la literie laisse vraiment à désirer et le respect des autres est inexistant (séance de ball trap en guise de vaisselle avec un bruit assourdissant), bref les critiques fusent de toute part et pas en bien. Expérience malheureuse à ne renouveler sous aucun prétexte. L'isolation phonique étant au top niveau je savais déjà à 4 h du matin qu'un collègue devait avoir des problèmes intestinaux sérieux tout en ne me trouvant pas dans sa chambre.
[subtitle]JOUR 5 : Barcelonnette - Col de la Couillole 97 km / Dénivelé 2400 m[/subtitle]
Au matin Patrice me confirma que c'était lui la victime de la nuit dont il avait passé une bonne partie sur le"trône".
Changement total et complet de décor,nous nous mesurons au col de La Cayolle,un ravissement pour les yeux et même pour les jambes malgré ses 27 km à parcourir.
Halte merveilleuse et pittoresque au milieu de l'ascension où nous dégustons un bon café chez une charmante mamie seule maîtresse d'un hameau perché à flanc de montagne. De retour sur la bicyclette, tour à tour nous franchissons encore une fois un enième sommet. Avant cela une marmotte bien grassouillette s'était donnée en spectacle devant nos yeux ébahis se laissant mitrailler par nos appareils sans broncher pendant cinq bonnes minutes.
Emmitouflés dans nos coupes vent direction Guilhaumes presque en roue libre. Repas avec les restes de la glacière,nous voici déjà à l'assaut de Valberg, montée régulière mais sous un franc soleil et une chaleur assez marquée pour la saison surtout à cette altitude. Patrice diminué par ses problèmes qui perdurent gère parfaitement son affaire et retrouve vaille que vaille son coup de pédale et ses sensations.
Après une courte pause dans la station,nous repartons pour un dernier coup de collier, sous un temps qui se fait plus menaçant. 7 km encore et encore dans le sens montant permettent à tous d'atteindre un gîte (celui de La Fripounière) plus que séduisant par son accueil où un repos bien mérité nous tend les bras. Par rapport à la veille nous sautons du coq à l'âne!
Avant le décrassage de la troupe,nous ne dérogeons pas à la coutume, à savoir un bon verre partagé entre amis, cela est devenu quasiment un rite au fil des jours permettant de nous souder les uns aux autres en partageant par les mots et les regards complices toutes les choses de la journée écoulée mais aussi de se projeter sur celle à venir.
Diner charmant au possible : jambon à l'os, gratin de pattes, salade verte, tarte aux myrtilles et infusions maison, que de délices! Petite musique d'ambiance, palabres en tout genre, la détente est au rendez vous. Gîte à revisiter,nous sommes des inconditionnels. Le dodo devrait se faire sans difficulté.
[subtitle]
JOUR 6 : Col de la Couillole - Menton 120 km / Dénivelé 2350 m[/subtitle]
Effectivement le sommeil s'avère avoir été un bienfait réparateur du fait de la bonne literie, autre atout qui vient s'ajouter à ceux déjà nombreux de ce charmant gîte de La Fripounière perché au sommet du col de La Couillole.
L'orage qui a éclaté hier en fin d'après midi, deux minutes seulement après notre arrivée n'est plus qu'un mauvais souvenir, le ciel bleu nous ouvre la route dans la descente vers Roubion, pourtant dans la plaine nous entrons dans un épais brouillard tenace duquel nous ne sortirons que dans les premiers lacets du col saint Martin long de 15 km.
C'est déjà notre dernier jour de vélo,alors nous le savourons au mieux avec un petit pot ensemble à 4 km du sommet. Tout se passe sans encombres,le soleil est radieux,nous "plongeons" ventre à terre sur Saint Martin en Vésubie que nous traversons en boulet de canon. Tous "les membres de l'expédition" se régalent avec cette descente d'environ 30 km et voici que se dresse devant nous le col du Turini rendu mythique par le rallye de Montecarlo.
Rassurez vous nous ne l'escaladons pas à l'allure des bolides qui l'ont emprunté durant des décennies ; nous les Arvicyclos on profite!
Patrice,Jean François et moi même nous payons le luxe d'entonner un des hymnes savoyards à tue tête mais pas très juste apparemment car une gentille passante nous ramène de suite à la raison en nous demandant aimablement de cesser cette étoile des neiges improvisée afin de ne pas rameuter la pluie dans le secteur. A 7 km du but, Claude nous permet de nous retrouver pour une "banane partie" (ne vous méprenez pas je lis dans vos pensées). Le grand prix de la montagne gagné par votre rédacteur d'un soir Fredo devant Jean François et Patrice,nous nous posons pour la dernière fois de la semaine tous réunis au sommet d'un grand col.
Nous comptons manger mais notre estomac n'a pas succombé au son du déjeuner proposé : paupiettes frites, beaucoup trop lourd pour des cyclos en route depuis si longtemps. Finalement magnifique descente très sinueuse, passage à Sospel pour un délice de fruit et franchissement d'un col minuscule de 6 km, celui de Castillon, même pas mal! 400m de dénivelé,une broutille!!
Menton 10 km. Naturellement les galants hommes que nous sommes laissent en tête du groupe nos deux gazelles et c'est en formation harmonieuse et élancée que nous gagnons Menton et la mer, point d'orgue de notre chevauchée fantastique non sans une certaine fierté. Nous retrouvons Gilbert et Guy, nos dévoués camarades venus nous récupérer et c'est enfin l'heure des congratulations pour tous les acteurs de cette folle semaine.
Dur retour à la réalité pendant notre transfert nous menant à La Seyne/Mer chez notre ami Henri. Circulation anarchique ponctuée de klaxon et de queue de poisson nous ramène directement et sans transition les pieds sur terre. Trois heures plus tard,arrivée chez notre hôte Henri,personnage haut en couleur et très attachant nous accueille très chaleureusement dans sa demeure où il nous a concocté divers mets plus exquis les uns que les autres. Après de franches rigolades autour d'un verre tout le monde se case dans un lit.
Réveil avec le bruit des vagues et des cigales,bol de café et tartines c'est l'heure des séparations. Babette Claude et Jean mi restent quelques jours,le reste de la troupe regagne la Savoie avec un arrêt pizza charmant à Laragne.
Arrivée place de la mairie à la Rochette, cette fois ci la boucle est bouclée ! Chacun regagne son logis le cœur chargé d'émotions.
Merci à tous pour cette semaine merveilleuse passée à vos côtés,une expérience unique et enrichissante, une aventure humaine qui restera gravée dans mon cœur et dans mon esprit à jamais comme étant une riche étape de ma vie. Je n'ai pas de superlatifs suffisamment appropriés pour délivrer exactement ce que je ressens dans mon fort intérieur mais tout ce que je peux dire c'est que ce périple avec vous m'a fait un bien fou.Expérience unique de cohésion, de partage et de bonne humeur, je vous dit encore merci et à bientôt sur le vélo